Scrittori Poeti Italiani

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Marco Masetti

 

 

La veglia della ragione disvela mostri

 

Nell'oscurità della notte,

l'assenza della ragione,

il suo sogno,

nell'affievolirsi del lume,

nel suo tremolare,

produce incerte, incombenti,

ibride, distorte,

mostruose ombre.

 

Ma la veglia della razionalità,

il suo lume sempre acceso,

l'instancabile vigile

lucida indagine,

non solo discopre,

ma realmente crea

i mostri più terribili.

 

 

 

Dal suo libro: LA VEGLIA DELLA RAGIONE, NOVEMBRE 2007

 

 

107

Version française du poème de Marco Masetti

par Mariette Cirerol

 

 

La sentinelle de la raison

révèle des monstres

 

 

Dans l'obscurité de la nuit,

l'absence de la raison,

son rêve,

dans l'affaiblissement de la lumière,

dans son tremblement,

produit l'ombre incertaine,

hybride, tordue, monstrueuse

qui lui incombe.

 

Mais la sentinelle de la rationalité,

sa lumière toujours allumée,

sa veille infatigable,

recherche lucide,

non seulement découvre

mais crée vraiment

les monstres les plus terribles.

 

 

 

 

 

 

108

Vincenzo Carlomagno

 

 

Deriva di luce

 

Deriva di luce

Ora  delicata e impercettibile

ora precipitosa e rovinosa.

 

Luce riemersa; a ondate.

Nella liquiditá delle atmosfere,

negli specchi d'ombra dei corpi.

Tra vortici di polvore.

Tra i contrasti netti delle superfici chiare,

nella fitta grana delle pieghe,

nella solitudine dei vuoti.

 

Poi conclusiva, riassume

irraggiungibile il suo veloce variare,

nella fissità di uno spazio imperioso

e nella naturale dimensione delle cose.

 

 

 

 

 

 

 

 

109

Illustration de Vincenzo Carlomagno

 

Lumière à la dérive

Lumières à la dérive:

tantôt délicate et imperceptible,

tantôt hâtive et désastreuse.

 

Lumière qui émerge en ondes

dans la liquidité de l’atmosphère,

dans les miroirs d’ombre des corps.

Au travers des tourbillons de poussière.

Au travers des contrastes nets de la surface claire,

du grain épais des plis,

de la solitude des vides.

 

Alors pour conclure, elle reprend

inaccessible ses véloces changements,

dans un espace impérieusement fixe

et dans la dimension naturelle des choses.

 

110                                                 Version française par Mariette Cirerol

 

 

Pascuale Maffeo

 

LAPIDATIO - PARTE 3

Incamminato verso la Chiesa dei Sette Dolori, sopravenne un eremita che a lungo ogni giorno orava in una grotta, castamente nutrito di radiche e acqua. Il quale, avendo abito di misericordia, si fece avanti con umilta, tracciò nell'aria un segno, baciò la terra e parlò :

 

EREMITA

Bacio L'amaro solco bacio il seme del dolore,

germina pianto e fulgore questa piaga che s'inarca.

 

Donne, coro demente coro che affonda nel calvario,

gonfia tenebre il lunario sopra insegne di lordura.

O trafitte sorelle l'alba è affranta, trasuda sole

funebre sui prati, brividiscono vergini e viole.

 

Uomini il cuore è pietra guarda immobile dai greti,

dentro pozzi segreti stagna l'urlo dei pensieri.

Lacrima non si stacca non consola il ciglio asciutto,

tutto sommerse il flutto tutto è buio agli annegati.

Pietà per gli impiccati. Furono nella casa gigli

e infanzia, lampi di carne amore sangue i figli.

Furono dentro il cerchio bocche e pane, furono vane

rabbie, fughe rantoli dolenti, furono ai lenti inverni

ombra e rancura gelo di muta sepoltura.

 

A voi l'onta rimane il rosso machio del grido

sulla piazza, il prezzo della bestia, la vergogna.

Sarà la gogna che vi sfregia un fuoco agli anni.

 

Danzano al vento i morti, danzano senza affanni

al filo attorti, stracci che irridono il peccato.

Li sciolga nell'abbaglio l'alta mano l'alto fiato.

111

Version française de Mariette Cirerol

du poème de Pascuale Maffeo

 

 

LAPIDATION - TROISIÈME PARTIE

Sur le chemin de l'Église des Sept Douleurs, apparaît un ermite qui laissait couler sa vie en priant dans une grotte, chastement nourrit de racines et d'eau. Étant miséricordieux, humblement il s'avance, trace un signe dans l'espace, baise la terre et parle :

 

ERMITE

Je baise l'amère sol, je baise la semence de la douleur,

cette plaie qui nous afflige, qui n'engendre que fureurs et pleurs.

 

Femmes: chœur dément, chœur approfondissant le calvaire,

gonflant les ténèbres, hissant l'étendard de l'ordure.

Ô, circulez mes sœurs, l'aube est brisée, le soleil funèbre

se lève sur les prés, fait trembler les vierges et les viole.

 

Hommes: le cœur est pierre, garde immobile des grèves.

Dans les puits secrets croupissent les hurlements de la pensée.

Les  larmes ne se détachent plus, les cils sont secs,

leur flux complètement submergé, noyé dans l'obscurité.

Pitié pour les pendus, ils furent la fierté de la maison,

la lumière, l'amour, le sang et la chair: les fils.

 Ils furent dans leur cercle le souffle et le pain; ils furent

délire, fureur, râle douloureux; ils furent aux hivers lents

l'ombre et la rancoeur gelée d'une muette sépulture.

 

Pour vous reste la honte, la tache rouge du cri

sur la place, le prix de la bête, la vergogne.

C'est le carcan qui vous balafre, incendiant les années.

 

Ils dansent dans le vent, les morts; ils dansent sans souci,

voltigeant sur leur corde: guenilles irriguant le péché.

Ahurissantes, leurs mains se balancent; leur souffle se tari.

 

112