Écrivains poètes

s’exprimant en français

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Amalita Hess

Fribourg, Helvétie

 

L’arbre

 

De nuit comme de jour

dans les noeuds ouverts de son tronc

l’arbre accueille

le solfège énamouré des oiseaux

et

dans la résille aérienne de son feuillage

il balance, sur le mode majeur,

les intonations lyriques du vent

ivre de soleil.

 

De jour comme de nuit

l’arbre, compagnon de nos heures claires,

dansera toujours

sur le tempo chantant de sa terre génitrice

 

Jean-Luc Savoy, artiste peintre

Exposition 2009, Galerie de la Schürra,

1723 Pierrafortscha, Fribourg

 

Poème d’Amalita Hess inspiré par l’oeuvre du peintre,

envoyé le 14 février 2014, pour AIR

 

 

 

 

Lumière en noir et blanc

 

Dans les sinuosités rugueuses de nos vies

l’eau déverse

dans son éclatante lumière

la force bienfaisante de sa joie

irriguant

nos terres intérieures et

nos coeurs asséchés dont

l’enthousiasme s’est évanoui !

 

En admirant une photo réalisée par

ma petite-fille Héloïse Hess

 

 

 

Photo prise par la jeune artiste Héloïse Hess (16 ans)

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Marie Jourdain

 

 

Quand le soleil arrive tôt

et que la nuit s’enfuie

ma main cherche ta peau

chaude et endormie

 

Je ne veux pas te réveiller

Tu souris dans tes rêves

Il ne faut rien troubler

attendre que le jour se lève

 

Quand tu viendras fondre

au creux de mes bras

nous oublierons le monde,

et son fracas

 

Tu me guideras

pour  combler tes désirs

je viendrais en toi

ton corps exultera

 

Essoufflée de plaisir

tu joueras de mes sens

Attisant le désir

je perdrai ma semence

 

en toi

 

 

 

 

Moi Fraxinus, le hêtre ….

 

C’est certain, quand on me regarde aujourd’hui, il est difficile d’imaginer que j’ai été, comme tout être vivant, petit et fragile. Et pourtant….

On m’a déposé, on a enterré mes jeunes racines, ici, le 14 juillet 1790. C’était le premier anniversaire de la prise de la Bastille, à Paris. Et pompeusement, à grand renfort de discours, main sur le cœur, on m’a baptisé Arbre de la Liberté. Quelle fierté pour moi, et du haut de mon mètre cinquante, je contemplais la foule.

 

Cela a été le début d’une période heureuse, insouciante, de jeunesse, où j’ai été choyé, arrosé, taillé, décoré, cérémonié ... tous les 14 juillet , ou aux victoires de la jeune république, il y avait foule.

 

Le temps a passé….et si on se souciait toujours de moi, ce n’était plus aux même dates. En Décembre par exemple, on me mettait de la couleur, à Pâques, la messe venait en grande pompe me bénir… Dieu était de retour.

 

Et puis il y avait la concurrence, colonnes érigées aux victoires, aux défaites du jeune empire … Waterloo… Mais le petit village était toujours là, autour de moi. Je sentais battre son cœur, et pour le remercier, les jours de pluie, ou de grand soleil, j’accueillais les hommes sous mes branches feuillues. Et les soirs de grandes chaleurs, ils venaient danser autour de moi, à la lueur des étoiles.

 

Si les hommes sages, souvent donnent leur enseignement sous de grands arbres, il s’en trouvait peu dans ce pays … d’hommes sages. Le genre humain est incorrigible, ne retient aucun enseignement de son passé.  Encore un jeune empire …1870 , l’année terrible. Les prussiens sont arrivés du Nord, et ont rasé le village, massacré les habitants.

 

J’ai été abandonné aux quatre vents. Pour survivre je me suis grandi, élevé vers le soleil. J’ai semé autour de moi, et le village, ce qui en restait, à disparu, sauf la plaque « Arbre de la liberté », cachée dans mes racines. Bref, moi qui ai grandi sur la place principale, je me suis un jour retrouvé sur le talus bordant un champ, le champ du paysan qui avait acheté les lieux. Cette autre vie fut bonne aussi, le paysan m’avait adopté, surtout à cause de mon ombrage, pour la sieste, pendant les moissons.

 

Combien de saisons sont passées, de paysans ? J’ai vu disparaître le cheval, arriver cette puante et bruyante chose qu’on appelle tracteur… Aujourd’hui,   je domine tout, je suis devenu point de repère, et de nouveau, on s’intéresse à moi. De nouveau les hommes viennent me voir, m’enlacent, ou m’embrassent.

 

Car Moi, Fraxinus, je suis maintenant dans les guides touristiques, dans  la rubrique « Arbres remarquables ». Et fierté suprême, j’ai un parking pour moi seul, pas loin.             

 

 

Gouache de 1790

Auteur : Jean-Baptiste Lesueur (1749-1826

 

 

Thor

 

Il y a des soirs où le sang du Viking hurle en moi

C’est le sang de la neige et le chant des barbares

C’est le chant du Nord et le sang du noroit

Le guerrier debout à l’avant du drakkar

 

« Seigneur protège-nous de la fureur des normands »

Ainsi priaient les gaulois, les francs, à genou dans les églises

Hélas pour eux, trop tard pour le répons

Pour les maîtres des fjords ils étaient belles prises

 

Par leur roi ils furent vendus au plus fort

Et le barbare devint le maître

A la loi des géants du nord

ils durent se soumettre

 

De Rollon à Guillaume

Le duché devient royaume

Ceci est une autre Histoire…

Il y a des soirs…


    Bateau Viking Buddha / copié de la Wikipedia

 

 

Élisabeth Schupbach

 

Apprends-moi

 

Oh mon amour !  

Apprends moi  .

Apprends moi à t’aimer

quand tu n’es pas à mes côtés.

 

Apprends moi à t’aimer

sans crainte, sans larmes

sans peur de te perdre un jour.

 

Avant toi, je vivais avec ma solitude

puis tu es entré dans ma vie

a petits pas tout doucement .

Je t'ai suivi et partager avec toi  mes habitudes.

 

Tu me regardes avec tant de  tendresse

mais je dors souvent seule la nuit.

 

Parfois  je le confesse

Quand tu es absent

un peu de jalousie

me hante

et tourne et rôde autour de moi

quand tu t’en vas.

 

Notre histoire est si belle

que je la récite avec douceur

dans le silence de la nuit

qui m’enrobe.

 

                                                                                                                                    Avant de m’endormir

avec un petit  brin de nostalgie

je tends ma main vers toi

qui n’est pas la.

 

Prêt de moi

je  t’emporte

car je sais et peux  aussi 

t’aimer avec mes peines

 

Pour que tu restes bien a mes côtés.

tout prêt de mon cœur

j’invente des histoires

 

Sans toi je ne suis pas grand-chose

J’ai besoin de tes caresses,

de te regarder avec tendresse

 

J’ai besoin de t’aimer

de te regarder de te toucher

de te serrer dans mes bras

de rêver avec toi.

 

J’ai besoin de toi

de m’enivrer de tes baisers.

Je t’aime avec mon cœur avec ma peau

je t’aime peut être de trop.

C’est si fort et si fragile à la fois

que parfois cela m’effraie. 

 

Oh mon amour ne m’abandonne pas.

Nous avons encore tant à partager,

à recevoir, à donner.

 

Ne pars pas sans me dire au revoir,

sans me dire que tu vas revenir.

Ne me demande jamais de t’oublier

 

Serre-moi entre tes bras

encore une fois

pour me donner  raison de t’aimer

pour me rassurer.

Murmure- moi ces mots

si doux et si tendres à la fois,

quand tu me dis si souvent

combien tu m’aimes

pour que je puisse auprès de toi

et loin de toi

te sentir chaque fois.

Ne me quitte pas !

Notre histoire ne fait que commencer.

                                                    Lise 2013